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Ostéopathie et Yoga

Toutes deux de plus en plus connus et populaires, le yoga et l’ostéopathie ont énormément de points en commun. Mais lesquels ?

Des fondateurs à la spiritualité très prononcée

Si beaucoup d’entre nous connaissent les liens étroits entre la religion hindoue et le yoga, peu savent que le père fondateur de l’ostéopathie, Andrew Taylor Still, était pasteur baptiste.

Si les textes anciens relatifs au yoga, les Yogas Sutras, mêlent habilement spiritualité et santé, corps et esprit, laissant transparaître que le corps est une entité liée au divin, et donc à une perfectibilité, et bien dans l’esprit d’A.T. Still, il en allait de même.

Cet homme de foi était persuadé que l’humain étant une création divine, le corps humain était donc une machine parfaite.

Le yoga et l’ostéopathie ne sont alors que des outils permettant d’améliorer ou de réparer l’être parfait.

S’assurer de la posture

Notre machine corporelle tient essentiellement grâce à l’activation des muscles. Sans nos muscles nous ne pourrions mouvoir, et s’en suivrait la grabatisation, qui mène irrémédiablement à la mort.

C’est pourquoi les maitres Yogis font répéter des enchainements de postures, les asanas, qui stimulent la masse musculaire. Le but étant de conserver jusqu’à la fin une possibilité de bouger, d’être autonome. Le Yoga est donc un parfait atout pour garder la forme, pour rester en vie.

Dans la même pensée l’ostéopathie tient à ce que le patient garde le mouvement, car comme le disait Still : « le mouvement c’est la vie ».

Aussi, même si l’ostéopathe ne fait pas travailler le muscle (contrairement au kinésithérapeute, kiné = mouvement, kinésithérapie = thérapie par le mouvement), il s’assure que ceux-ci puissent fonctionner correctement, en levant les blocages en amont par exemple.

On voit là une première complémentarité d’action entre le yoga et l’ostéopathie.

Améliorer le passage du sang

Comme le théorisait Still dans la loi qui régit l’ostéopathie : « l’artère est reine ». Ce qui signifie que l’essentiel pour conserver la santé est que le sang rouge, celui chargé en oxygène et pauvre en toxine, puisse avoir accès à toutes les parties du corps. C’est ainsi que l’ostéopathe a pour travail d’enlever toutes les tensions, les blocages, les compensations, qui gênent le passage du sang. Une fois ces restrictions levées, la zone en souffrance peu recouvrer petit à petit la capacité à se réparer seule. L’ostéopathie n’étant que le coup de pouce pour l’auto-guérison.

Il en va de même dans le yoga. C’est un des piliers de la triade de la médecine ayurvédique, la médecine indienne. Il faut que le sang artériel passe. C’est ainsi que sont conçus beaucoup d’asanas. Par exemple les asanas tête en bas ou bien directement sur la tête, ont une action sur le système cardiaque en l’accélérant légèrement. Ce qui aide au renforcement du muscle cardiaque et de la paroi des vaisseaux sanguins, mais cela permet aussi un afflux sanguin qui permettra d’aller nourrir en profondeur les zones travaillées par la suite.

Les enchainements de postures variées permettent d’aller amener du sang frais dans le corps entier.

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Activer le drainage lymphatique

Si le passage du sang frais est vital, le drainage du sang veineux, pauvre en oxygène et riche en toxine, est lui aussi très important. En effet laisser du sang toxémié stagner à un endroit du corps amène une dénaturation de la zone. Cela peut conduire à des fibroses, des inflammations chroniques, des réductions de productions d’hormones, etc….

C’est pourquoi l’ostéopathe veille à vérifier l’état du système veineux, et peut activer le drainage lymphatique en cas d’œdème par exemple.

Ainsi on protège la paroi des veines, plus élastique que les artères, mais aussi plus fatigables.

En yoga le fait d’alterner les postures, en alternant tête en haut et tête en bas, fait varier la pression et active le retour veineux. Mais le maximum de la stimulation du retour veineux et du drainage lymphatique est obtenu sur les postures debout et les postures d’équilibres. Dans ces cas-là toute la plante du pied est activée et les muscles des jambes se contractent, ce qui vient mettre en jeu tout le système lymphatique des membres inférieurs.

Ainsi nous avons vu que pour les problèmes artério-veineux, yoga et ostéopathie ont des actions qui se complètent.

Aider à la digestion

Ostéopathie signifie littéralement trouver la pathologie (pathos) via la structure (Osteo). Souvent l’on pense que l’ostéopathe est le « docteur des os ». Mais non. Il s’occupe de toutes les structures. Le système digestif en étant une très importante (lire notre article sur l’Ostéopathie au secours des troubles digestifs).

Beaucoup de patients viennent à se faire soigner par des ostéopathes pour des problèmes digestifs chroniques. Mais dans beaucoup d’occasions des patients ayant mal ailleurs se voit traités de leurs viscères.

Aider au bon fonctionnement du système digestif est donc une part très importante du métier d’ostéopathe.

Le yoga, dans la droite ligne de la médecine ayurvédique, aide lui aussi à améliorer le transit.

En effet via une diversité de postures visant à dégager le diaphragme (ce qui lui permet de pomper plus facilement, et donc de faire des « massages » aux organes), ou bien en faisant des torsions (ce qui « essore » les organes et les viscères, et permet d’étirer les ligaments viscéraux), on active la digestion, on limite les ballonnements et la constipation, et l’on peut même effectuer des détoxications mécaniques du foie et des reins.

Réouvrir les fascias

De plus en plus connus, les fascias sont les tissus de recouvrement du corps humain. Ils forment une enveloppe de protection en agissant comme un filet à mailles, qui serait présent des pieds à la tête, en profondeur et en superficie.

En plus de leur rôle de protection, les fascias peuvent absorber les chocs, ils nourrissent les éléments auxquels ils sont reliés, ils permettent un meilleur passage hormonal, et enfin ils fluidifient le mouvement en reliant les différentes parties du corps. Ces fascias peuvent s’abimer avec l’âge, la maladie, des chocs, des chutes, des opérations, certains médicaments.

Depuis les débuts de l’ostéopathie, les fascias prennent une part fondamentale dans le traitement du patient.

Les études ayant prouvés ce que les ostéopathes savent depuis des décennies, à savoir que les fascias répondent au système nerveux. En cas de stress, la main de l’ostéopathe qui vient réouvrir les fascias est donc primordial pour réduire les douleurs tissulaires et redonner de la mobilité au patient qui a « mal partout ».

Le traitement du fascia primordial en post-chirurgical aussi, ou l’ouverture chirurgicale à bloquer la continuité des fascias, gênant la mobilité et provoquant des raideurs.

L’utilité du traitement des fascias se retrouvent elle aussi de manière très importante en post chimiothérapie, où l’agent chimique, et de temps en temps la chirurgie, ont abîmés les fascias.

Mais ce que l’on sait moins, c’est que le yoga permet lui aussi de réouvrir les fascias. Les asanas dites d’ouverture de cœur, permettent de travailler en profondeur les fascias du thorax et des membres supérieurs (très intéressant en post cancer du sein).

La pratique du Yin Yoga, dans cet esprit de réouverture et de réparation des fascias est de plus en plus préconisée en post cancérologie, ou dans les périodes de stress.

Voici un échantillon de points commun et de complémentarité entre le yoga et l’ostéopathie. Mais il en existe beaucoup d’autres.

Si l’un ne remplace pas l’autre, les deux peuvent se performer. En effet la pratique du yoga peut permettre d’optimiser une séance d’ostéopathie, et une séance d’ostéopathie peut aider en cas de raideur ou de douleur gênant la pratique de yoga.

Dans tous les cas, l’essentiel est de prendre soin de vous !


Marielle Armandoni

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